Les Maires des Bouches-du-Rhône, unis et déterminés, ont écrit, par l’entremise de Georges Cristiani, président de l’Union des Maires, au Président de la République afin de faire revenir le gouvernement sur les décisions de fermeture des commerces de proximité, qui vont entrainer des fermetures définitives.
Mimet, le 2 novembre 2020

UNION DES MAIRES ET DES PRÉSIDENTS DE COMMUNAUTÉS DES BOUCHES-DU-RHÔNE

Monsieur Emmanuel Macron Président de la République Palais de l’Elysée 55, Rue du Faubourg Saint Honoré 75 008 Paris
Monsieur le Président de la République,
En ma qualité de Président des Maires des Bouches-du-Rhône, je tiens par la présente à vous faire part, au nom de la quasi-unanimité des Maires que j’ai l’honneur de représenter, de notre incompréhension et de l’immense inquiétude que suscitent les mesures de fermeture imposées par Monsieur le Premier ministre, en direction de certains petits commerces.
Après avoir été meurtris pendant le confinement du printemps dernier, les mesures de discrimination à l’encontre de commerces jugés « non essentiels » sont en train de parachever la mort économique des commerces de proximité de nos centres villages.
Comment accepter que les grandes surfaces, que le commerce dématérialisé ainsi que certaines grandes enseignes soient ouverts alors que les petits commerces sont quant à eux condamnés au rideau baissé et voués à une mort économique certaine. D’autant que les conditions de sécurité sanitaire sont souvent bien mieux respectées dans les petits commerces que dans certaines grandes enseignes…
Le fait de confronter les commerces dits « essentiels » à ceux relégués au rang de « non essentiels » selon les termes de Monsieur le Premier ministre, est à l’origine d’une fracture dans notre économie et est vécue comme une injustice flagrante pour ces commerces ouvertement discriminés et pourtant source de vitalisation de nos centres villages.
Par ces mesures et l’intransigeance assumée de Monsieur le Premier ministre qui refuse de reconsidérer des dispositions dénuées de fondement pratique, une concurrence déloyale entre des petits commerces frappés du sceau de « non essentiel » et la grande distribution ou la vente à distance ont été les malheureuses conséquences des mesures orchestrées par le Gouvernement.
Alors que les français s’entassent le matin dans des transports en commun bondés, l’accès à une librairie ou à un fleuriste est quant à lui interdit ! De même, il est possible de se rendre dans une grande enseigne de bricolage mais formellement interdit de se servir dans une petite quincaillerie de proximité.
La liste des incohérences des mesures est bien longue et le fait de retirer des rayons des grandes surfaces, des produits jugés « non essentiels », est source de nouvelles complications et entrave une nouvelle fois, la compréhension par les Français, des mesures prises par le Gouvernement.
Les Maires des Bouches-du-Rhône sont bien conscients de la nécessité de lutter contre ce virus sachez, Monsieur le Président, que les Maires, comme nous l’avons démontré depuis le début de cette crise sanitaire, sont pleinement mobilisés et volontaires pour seconder les efforts de l’Etat.
Bien que les Maires aient toujours répondu présents aux sollicitations de l’Etat, aujourd’hui, certaines mesures sanitairement infondées et discriminatoires, ne peuvent obtenir ni notre adhésion, ni notre soutien.
Face à cette intolérable inégalité de traitement à l’encontre des commerçants, les Maires des Bouches-du-Rhône s’en remettent à vous, Monsieur le Président, et à votre sens de l’équité, afin de colmater la fissure qui s’est créée au sein de notre monde économique. Nos commerces de centre-ville et de centre village, nos très petites entreprises « non essentielles » déjà affaiblis par un premier confinement du 17 mars au 11 mai, ne sont pas en capacité de résister à nouveau à des directives aussi meurtrières.
En espérant, Monsieur le Président de la République, que vous saurez insuffler auprès de votre Gouvernement, des mesures plus cohérentes et une démarche empreinte d’égalité, conforme à nos fondements républicains, à l’encontre de nos commerces, de sorte que les mesures soient comprises et acceptées par tous car tous les Français doivent être unis dans le combat contre le virus.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de mes sentiments les plus distingués et les plus respectueux.
Georges CRISTIANI